Pour envoyer votre lettre

En complétant le formulaire, votre adresse apparaîtra automatiquement sur votre message courriel. Les ministres à qui celui-ci sera envoyé pourront ainsi voir que vous êtes une « vraie personne ». Toutes les cases marquées d’une astérisque (*) doivent être remplies.

Vous devez remplir les trois sections à personnaliser.

Nous respectons votre vie privée. Votre adresse courriel n'est utilisée que pour confirmer votre signature. Cette page est sécurisée et aucun renseignement fourni ne sera rendu public. Conformément à notre politique en matière de respect de la vie privée, aucun renseignement vous concernant ne sera transmis à une tierce partie.

* Information requise.









Madame Marie Malavoy, ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport, et Dr Réjean Hébert, ministre de la Santé et des Services sociaux,

Permettez-moi d’attirer votre attention sur la triste histoire de Megann Ayotte Lefort. Il y a un peu plus d’un an, cette fillette montréalaise de six ans est décédée à son école à la suite d’une réaction allergique doublée d’une crise d’asthme. Il s’agit d’une véritable tragédie et, qui plus est, d’une tragédie qui risque de se répéter si le gouvernement du Québec n’agit pas rapidement en adoptant une loi visant à protéger les élèves souffrant d’allergies alimentaires et d’asthme. Une telle loi se fait attendre depuis trop longtemps. En comparaison avec d’autres juridictions en Amérique du Nord (en particulier l’Ontario), le Québec, à cet égard, accuse en effet un important retard.

Le décès de Megann s’est produit le 16 septembre 2010, deux semaines à peine après le début de l’année scolaire. Ce soir-là, la mère et le père de la fillette assistaient à une rencontre de parents et avaient confié l’enfant au service de garde de son école. Presque immédiatement après son arrivée, Megann s’est mise à pleurer et à se plaindre de difficultés respiratoires (elle souffrait d’asthme et d’une allergie de type anaphylactique aux produits laitiers). L’éducatrice lui a donné deux doses de Ventolin mais l’état de l’enfant a continué à se détériorer.

Quarante à quarante-cinq minutes se sont écoulées avant qu’une éducatrice n’aille chercher les parents de Megann. Ils ont accouru pour constater que leur fille était complètement inerte. Une éducatrice a alors contacté le 911. Il était cependant trop tard pour la petite Megann. Le décès de l’enfant a été constaté à l’hôpital à 20h20, le même soir.

Dans son rapport d’investigation déposé le 9 août 2011, le coroner a conclu que le décès avait été causé par un épisode allergique-asthmatique (l’enfant avait mangé un sous-marin provenant d’un restaurant quelques minutes avant son arrivée au service de garde).

La Société canadienne d’allergie et d’immunologie clinique a clairement énoncé que, dans les cas d’anaphylaxie et d’asthme, certaines règles essentielles doivent être respectées. En premier lieu, il est primordial d’agir rapidement puisque chaque seconde compte. Si l’on soupçonne que la réaction est de type anaphylactique – et on devrait le présumer chaque fois qu’un enfant ayant une histoire d’anaphylaxie et/ou d’asthme a une réaction après avoir mangé – une dose d’épinéphrine doit aussitôt être administrée. L’étape suivante est d’appeler les services d’urgence (911). Ensuite – et ensuite seulement – il faut avertir les membres de la famille. L’épinéphrine peut être efficace lors d’une crise d’asthme mais un inhalateur tel que le Ventolin ne ralentira pas la progression d’une réaction anaphylactique.

Si le personnel de l’école de Megann avait su reconnaître les symptômes d’anaphylaxie et s’il avait suivi le protocole approprié, il y a de fortes chances que la fillette serait encore en vie aujourd’hui.

D’après une étude réalisée par Dre Ann Clarke de l'Université McGill, plus de 7% de la population a des allergies alimentaires. Cela signifie qu’environ 72 000 enfants québécois d’âge scolaire sont susceptibles d’avoir des réactions allergiques graves. L’Agence de la santé publique du Canada estime, de son côté, que 15,6 % des enfants canadiens souffrent d’asthme. Les cas d’asthme et d’allergies augmentent, année après année, et, à moins que les précautions nécessaires soient prises et appliquées de façon cohérente dans tout le réseau scolaire, les risques que de nouveaux drames se produisent sont extrêmement élevés.

L’Ontario a adopté la « Loi de Sabrina » qui porte le nom d’une jeune fille de 13 ans, décédée à la suite d’une réaction anaphylactique qui s’est produite à son école secondaire. On a tiré des leçons de cet épisode tragique. La loi ontarienne exige que tous les conseils scolaires de la province élaborent une politique relative à l'anaphylaxie. Cette politique doit notamment comprendre une formation régulière sur la façon de faire face aux allergies potentiellement mortelles, et l'obligation d'élaborer un plan individuel pour chaque élève qui souffre d'une pareille allergie. Ce plan, préparé en collaboration avec le médecin de l’élève concerné et les parents de ce dernier, doit prévoir, entre autres choses, les stratégies de prévention, le traitement approprié, les mesures d'urgence à mettre en place et l'entreposage des auto-injecteurs d'épinéphrine.

J’espère que vous porterez à ce dossier toute l’attention qu’il mérite et, surtout, que vous en arriverez à la conclusion que le Québec a besoin d’une loi pour protéger les nombreux élèves qui, comme Megann, souffrent d’allergies alimentaires et d’asthme. Une telle loi ferait en sorte que ces enfants puissent jouir d’une protection équivalente dans toutes les écoles québécoises.

Veuillez agréer, Madame la ministre et Monsieur le ministre, mes salutations distinguées.

Nom

cc : Dr Horacio Arruda, directeur national de la Santé publique

SUIVANT